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Série photo sur le confinement en France


Il est rare de voir ce parking de 1000 places quasiment vide. De mémoire, je n’ai jamais connu ça. Seules quelques rares voitures  y sont stationnées, sûrement celles des habitants proches.
On y croise aucun humain. Seulement quelques pigeons égarés qui semblent être devenus de moins en moins craintifs. Le calme règne, c’est déstabilisant.
Non loin, des travaux tout juste commencés. La pluie fine de ce jour ruisselle sur ce tas de sable dans un silence de plomb.


Le centre-ville n’est pas loin, désert. La place principale de la ville est vide de toute vie. Normalement, les deux cafés qui se font face animent ce quartier touristique et commerçant. Mais ils sont à l’instar des autres magasins, fermés pour une durée indéterminée. Les bancs sont libres, la fontaine de la place est à sec. Ce silence qui règne en ville est à la fois apaisant et déroutant. Ce n’est pas une situation normale, habituelle.


Sur les trottoirs moins entretenus et quasiment vides de toute vie sociale, les mauvaises herbes poussent et se mêlent maintenant à des nouveaux déchets : des lingettes désinfectantes, des masques chirurgicaux, des gants en latex.
Une nouvelle pollution voit le jour.


Le temps s’écoule, les parcs et autre jardins publics sont fermés à toute activité humaine. Le printemps et les beaux jours se multiplient comme si de rien n’était. Cette épidémie ne touche que l’Homme. La nature elle, continue son chemin sans vraiment se préoccuper de ce qui nous touche.


Dans les rues, les fenêtres affichent des mots de « colère » et parfois des mots plus rassurants. L’Homme est devenu une menace potentielle pour lui-même. Et dans les commerces qui sont encore ouverts, une distance de sécurité doit être respectée entre deux individus. Le contact devient plus difficile, les gens se craignent entre eux.


Les habitants ne sortent pas beaucoup. J’en vois certains à leur fenêtre, masqués, en regardant ce qui ne se passe pas sur cette avenue, qui est d’habitude très fréquentée. Elle est devenue plus silencieuse et les voitures circulent au compte-gouttes. Plus loin je croise un chat qui est d’habitude très craintif. Mais le calme ambiant l’a peut-être rendu moins farouche, qui sait.


Certaines habitudes changent : on désinfecte ce que nous touchons, on se désinfecte les mains de peur pour notre santé et celle des autres. Les files d’attentes sont encadrées, distancées. On fume sa cigarette à la fenêtre et l’on discute de loin. Parfois, le plus loin possible. Nous sommes maintenant conditionnés à craindre les autres et à se craindre soi-même.


Les jours passent, les services de la ville sont maintenant moins fréquents et les poubelles s’entassent dans les maisons. Ce qui donne, les jours de ramassage, un spectacle déconcertant de surconsommation. La correspondance postale est elle aussi difficile. Les boites aux lettres sont condamnées pour une durée indéterminée et cela fait maintenant plus de 40 jours que je n ‘ai pas reçu la moindre lettre ou publicité. De son côté, la nature continue son chemin et les arbres eux ont l’air de bien se porter.


Les jours se suivent, se ressemblent quasiment tous. Quelque part, on commence à s’y habituer. Le beau temps est là, la maison s’aère, par chance le Covid n’est apparemment pas aéroporté. Ce soir, je fais un tour rapide pour profiter d’un chouette coucher de soleil. L’atmosphère est sympa et calme. Je croise une infirmière qui rentre de son travail. Elle est fatiguée. Pas que par le travail, mais cette ambiance générale anxiogène. Elle prend 5 minutes pour une photo et je rentre sous de belles couleurs.


 

 

Bientôt la suite…

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